6 Raisons d’État d’indexer les métadonnées d’un enregistrement sonore

1. Attribuer les crédits aux ayants droits et contributeurs
2. Lier ayants droits et contributeurs à des identifiants uniques
3. Inclure un code géographique ou territorial
4. Adopter les standards mondiaux DDEX
5. Siéger sur les tables trans-nationales de définition des normes
6. Améliorer la découvrabilité des contenus dans les algorithmes de recommandation

Bruegel l'Ancien (1568) The Blind Leading the Blind

Bruegel l’Ancien (1568) The Blind Leading the Blind

►Créer/Produire ►Indexer/Déclarer ►Distribuer ►CONSOMMER ►Mesurer ►Répartir

1. Attribuer les crédits aux ayants droits et contributeurs : une œuvre musicale enregistrée et numérisée est un code binaire orphelin qui ne dévoile rien de sa source et des ayants droits concernés si ces informations ne sont pas ajoutées aux fichiers audio ou ne sont pas liées aux bases de données corollaires. La compilation statistique des usages et la reddition de comptes sont par conséquent faussées ou incomplètes.

Sont visés les auteurs, compositeurs, éditeurs originaux, interprètes et musiciens, producteurs initiaux, réalisateurs, studios d’enregistrement, etc.. Les politiques publiques de soutien à la production de contenus doivent inciter les bénéficiaires de mesures financières à incorporer les noms des ayants droits, contributeurs, ententes de répartition (Embedded Metadata – Blockchain), dans les conteneurs textuels des objets de propriété intellectuelle numérisés.

25% des contenus exploités par les plateformes de musique en-ligne ne sont pas arrimés aux ayants droits concernés… (NY Times)

2. Toute œuvre de propriété intellectuelle ou contributeur à celle-ci doit être lié à un identifiant unique. Les codes ISRC, ISWC, IPI, ISTC, IPN, ISAN, EIDR, ISNI sont des codes ISO ou industriels qui permettent aux machines et procédés informatiques de tracer les contenus et de discerner les homonymes (disambiguation).

Un identifiant approprié pour chacune des composantes du contenu est ce qui permet aux ordinateurs d’associer un enregistrement à l’oeuvre qu’il contient, aux paroles de cette chanson et aux contributeurs qui en sont les artisans et ayants droit, de renseigner numériquement l’intégrité de cette chaîne de valeur.

3. Les métadonnées doivent inclure un code géographique ou territorial pour tout objet de propriété intellectuelle ou contributeur de l’oeuvre. C’est là la seule méthode qui permette la classification de l’origine des pays ou territoires de création et de production des contenus. L’usage des identifiants ISO3166-1, ISO3166-2, UN-LOCODE ou .kml (Keyhole Markup Language) sont nécessaires pour cela.

4. Les entreprises de production, de distribution et les usagers commerciaux d’œuvres numériques doivent adopter les standards mondiaux DDEX d’échange de données informatisé (EDI) (DDEX Message Suite Standards) qui incorporent les métadonnées : RIN (Recording Information Notification), ERN (Electronic Release Notification), MLC (Music Licensing Companies), DSR (Digital Sales Reporting).

5. Lorsque nécessaire ou possible, les associations et entreprises canadiennes, les instances chargées de définir nos politiques publiques doivent siéger sur les tables trans-nationales de définition des normes et standards du numérique (UNESCO, CISAC, ISO, DDEX, ICANN, NCUC, ISOC, W3C-RDF, IETF).

6. Il faut rétablir le contrat social entre les créateurs et les usagers, améliorer la découvrabilité des contenus dans l’offre numérique via les outils de playlisting et de recommandation. Utiliser des contenus enrichis et renouer avec les informations descriptives perdues lors du passage au numérique. Assurer la présence de nos contenus culturels dans le web des données. Créer des listes d’écoute et des contenus éditoriaux, partager ceux-ci. Permettre de circonscrire le quoi, qui, où et comment des contenus CanCon!

MetadD veille numérique culturelle sur Delicious, Scoop.it et sous le mot-clic #musicmetadata
https://delicious.com/youyouca/metadatatop
http://www.scoop.it/t/metadonnees-musicales-un-enjeu-de-diversite-culturelle
https://twitter.com/hashtag/musicmetadata

TGiT est un logiciel canadien de gestion des métadonnées musicales conçu pour les créateurs, interprètes, éditeurs et maisons de disques. C’est outil qui permet une “indexation à la source” pour que votre musique ne soit plus orpheline dans les réseaux numériques.

Un automne 2016 riche en initiatives autour des #MusicMetadata – CISAC ISWC Service, DDEX-RIN, un nouvel identifiant temporaire pour les oeuvres musicales?

Cet automne, plusieurs initiatives et tables de concertation feront progresser ou monter la tension autour de la définition de normes de métadonnées et pratiques d’affaires numériques pour le secteur de la musique. Essentiellement toutes ces initiatives ont pour but commun de réduire les délais entre la création et l’enregistrement d’une œuvre et l’attribution d’identifiants pour en faciliter la traçabilité en ligne. Cette problématique s’inscrit comme un pré-requis dans les réflexions sur la découvrabilité des contenus, question actuellement au cœur de travaux dans l’industrie et certaines législations nationales. C’est le cas au Canada ou des consultations sur cet enjeu ont lieu (Le contenu canadien dans un monde numérique – https://www.canada.ca/fr/services/culture/consultations.html).

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Le MusicBiz Metadata Workgroup (USA) en collaboration avec l’Association For Electronic Music (@AFEMORG) travaille à établir des bonnes pratiques d’affaires pour l’attribution d’identifiants aux DJs dont le statut bien particulier est souvent caractérisé par un cumul important des fonctions de compositeur, auteur, interprète et producteur (tel que souligné par Robby Towns @NestaMusic). L’utilisation de l’ISNI et de plusieurs rôles créatifs pourrait-il être ici considéré? Des discussions ont aussi cours avec les fabricants de logiciels de composition assistée par ordinateur pour intégrer de nouveaux champs de données aux sessions. La rédaction d’un guide spécialisé de saisie et de styles (Metadata Handbook) pour les DJs est aussi considéré.

Consultant et membre du MusicBiz Metadata Workgroup, Paul Jessop vient d’introduire le projet de création d’un identifiant temporaire d’oeuvre (Provisional Work Identifier (PWI)) qui puisse être ultérieurement arrimé à l’identifiant permanent ISWC (sa version prefered) et d’une base de données privée-publique qui le consigne. Divers acteurs soulignent de nouvelles questions liés à de tels enjeux, par exemple quant au moment où un tel identifiant serait émis et associé à l’oeuvre – au moment du mixage des pistes finales ou au moment de la sauvegarde de sessions en cours?

Le DDEX Studio Workgroup vient quant à lui de terminer le schéma de données XSD de la Notice d’information des enregistrements sonores (Recording Information Notification – RIN) qui a pour but de saisir les informations concernant les enregistrements au moment des sessions de studio. DDEX tient une plénière de travail à Berlin en octobre lors de laquelle ce format sera bonifié et adopté. Les identifiants ISRC, ISWC, ISNI et GRid sont tous pris en compte par le format ”minimum” RIN, mais l’idée de l’introduction d’un PWI n’est pas abordé.

Non le moindre, le chantier CISAC-FastTrack Cross-Industry (http://bit.ly/fasttrackpreparing) travaille aussi sur de nouveaux procédés et pratiques pour améliorer l’usage et la dissémination de l’identifiant d’oeuvres ISWC-ISO. FastTrack vient aussi tout juste de lancer la base de données CIS-Net 5 et son Single Work Dashboard – https://www.youtube.com/watch?v=mdkLfWn6qiw). Un Service Web ISWC intégrant des procédés de pré-déclaration et se situant en amont de la résolution de l’ISWC vers l’ISWC préféré (prefered ISWC) est à l’orde du jour. Cette base aurait préséance sur les déclarations effectuées par les sociétés d’auteur et pourrait ainsi permettre l’émission plus rapide d’un ISWC temporaire. Il serait possible d’obtenir un ISWC même si la clé de répartition des droits entre collaborateurs est encore inconnue ou si certains collaborateurs ne sont pas membres d’un collectif. Le code IPI (Interested Party Information) de chaque créateur doit être connu, mais une recherche en-ligne sera bientôt possible et une procédure pour attribuer un code à un créateur non-membre sera mise en place. Le délai d’obtention d’un ISWC sera réduit pour atteindre une émission dans la journée ou le lendemain. La question se posera dès lors à savoir si l’obtention d’un ISWC en temps réel est réaliste et souhaitable ou si l’introduction d’un identifiant temporaire (PWI) est utile pour y palier. Ainsi le nouveau service ISWC, le concept du PWI sont très mitoyens et la question se pose quant à l’intégration de ces nouvelles logiques dans les logiciels de composition selon les objectifs que se fixe le protocole DDEX-RIN. De quelle façon ces diverses tables de réflexion arrimeront-elles leur actions?

Au même moment, la SOCAN, qui vient d’acquérir Medianet et Audiam, a ouvert un portail pour développeurs et rendu publique une API pour permettre la déclaration de nouvelles œuvres https://developer.socan.ca/. En principe divers services et produits devraient sous peu mettre cette mécanique à profit et faciliter la gestion des catalogues et accélérer le dépôt des nouvelles œuvres par les créateurs, éditeurs et labels tout en ayant accès aux identifiants ISWC, IPI, ISNI, ISRC. Il sera intéressant de voir dans quelle mesure les avancées évoquées plus haut seront rapidement prise en compte. Espérons-le.