Les études Bearing Point et Berklee Fair Music luttent pour définir des standards industriels de métadonnées de la musique

Nous assistions en juillet 2015 à la publication de deux études très attendues et abordant les métadonnées ainsi que la rémunération équitable des ayants droit de la musique. La première est européenne, préparée par la firme Bearing Point et commandée par le Ministère français de la Culture et de la Communication; la seconde préparée par la Berklee School of Music et financée en partie par le Kobalt Music Group.

Les deux études tentent de définir les informations de description standardisées que devraient promulguer et promouvoir l’industrie de la musique. Mais tel que c’est le cas depuis toujours, chacun propose des listes de champs d’information et des appellations sémantiques divergentes. Notre industrie fait montre de nouveau d’un manque de concertation.

Chez TGiT nous travaillons avec plusieurs acteurs du milieu pour parvenir à résoudre cette problématique. Nous travaillons avec les créateurs, nous travaillons avec les collectifs d’ayants droit et ceux de l’industrie de l’enregistrement sonore. Notre projet est co-construit et constitue de l’innovation ouverte. Nous avons reçu des aides publiques du Fonds des Médias du Canada et Musicaction.

Voici les hyperliens vers les études citées plus haut et la liste des champs promus par chacune. Enfin, vous trouverez la liste des champs pris en compte par TGiT et nous vous invitons à faire l’essai du logiciel.

Bearing Point Study – Synthèse de l’étude de faisabilité relative à la mise en place d’un registre ouvert de métadonnées (Ministère de la Culture et de la Communication), juillet 2015, page 12.
Lien court http://bit.ly/MCCopenculturedata
(http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Industries-culturelles/Actualites/Publication-de-la-synthese-de-l-etude-de-faisabilite-relative-a-la-mise-en-place-d-un-registre-ouvert-de-metadonnees)

Nom de l’oeuvre (Titre)
Noms des créateurs
Noms des contributeurs
ISRC
ISWC
IPI/ISNI

Berklee Fair Music Project, Fair Music : Transparency and Payment flows in the music industry, juillet 2015, page 25, http://www.rethink-music.com/download-page

Nom de la chanson jouée (Title)
Album
Auteur-compositeur
Détenteur du droit d’auteur
Artiste
Détenteur du droit sur l’enregistrement sonore
ISRC
ISWC
Durée du flux
Type de flux (on-demand, radio)
Année de parution
Identifiant unique à définir par une organisation non-gouvernementale de la musique équitable

Contrairement aux autres logiciels d’indexation des métadonnées de la musique, TGiT est un projet libre et ouvert, créé avec des professionnels et selon leurs besoins. Vous pouvez déjà en faire l’essai sur le présent site. Ce gratuiciel permet aux créateurs, éditeurs musicaux, interprètes, et maisons de disques d’indexer des informations standardisées, de les sauvegarder et de les exporter. Il permet de le faire pour des pièces à l’unité ou pour des projets d’albums. Nous soutenons les formats MP3-ID3 et FLAC Vorbis Comments. Il est d’usage facile et évoluera. Vous pouvez sauvegarder vos projets et les fichiers audios associés pour les ré-ouvrir et compléter votre indexation grâce au format .tgit

Les informations prises en compte par TGiT incluent toutes celles citées par les deux études mentionnées dans cet article. Les voici.

Titre de la piste (Title)
Information sur la version
Compilation (O/N)
Nom de l’album (Album)
Interprète principal
ISNI de l’interprète principal
Contributeurs (musiciens, paroliers, compositeurs, éditeurs musicaux, maison de disques, réalisateurs, mixeurs, studios, invités spéciaux)
ISNI des contributeurs (bientôt)
ISRC
ISWC
Durée
Date de parution
Date de parution originale
Numéro de catalogue
Barcode
Genre
Illustrations (couverture, livret, etc.)
Paroles
Langue
Numéro de la piste sur un total de pistes (ex. 2/9)
Tags de l’usager
Commentaires de l’usager

Faites l’essai de TGiT maintenant! (MAC et Windows, français et anglais)

Art is Never Anonymous | #musicmetadata from iconoclaste musique on Vimeo.

Musimorphoses – Vers l’atteinte d’un standard d’indexation universel et ouvert

Indexation à la source par les créateurs avant la transmission dans les réseaux numériques, Small Data de qualité décrivant adéquatement la musique et incluant l’ensemble des musiciens et contributeurs, obtention en direct des identifiants uniques permettant la traçabilité des œuvres – voilà les grandes lignes de la communication que j’offrais à Paris le vendredi le 13 novembre, lors du colloque Musimorphoses.

En 2008, François-Xavier Nutall, Consultant supérieur / Technology Intelligence pour la CISAC, présentait une vision de l’écosystème souhaité pour les métadonnées de la musique. Sept ans plus tard, de grands segments de cette approche ne se sont pas concrétisés et le milieu persiste à dire que l’actuelle documentation associée aux œuvres musicales et aux enregistrements sonores est loin d’être optimale. Ma communication dans le cadre du colloque Musimorphoses se penchera sur la question de l’atteinte d’un standard d’indexation universel et ouvert en prenant ce modèle à témoin et en le comparant à l’actuel état des lieux en matière de développement d’initiatives diverses.

Pour référence, voici la transcription de l’allocution de 2008 de François-Xavier Nutall.

Cette vidéo a été tournée lors de la conférence de l’OMPI sur le gestion collective tenue à Bruxelles. François-Xavier Nutall, Consultant supérieur / Technology Intelligence pour la CISAC, livre un condensé des défis liés à l’automation de la reddition des comptes vu de l’angle des sociétés de gestion. Que reste-t-il de cette vision singulière et toujours appropriée?

***

S’il n’y a plus de DRM, il faut en contrepartie de l’information qui nous permette d’identifier les oeuvres, d’identifier les contenus, qu’on puisse faire un travail de gestion collective correctement. Donc, s’il n’y a pas de DRM, il y a forcément de la gestion d’information en contrepartie. Je vais vous expliquer un tout petit peu le panoramique aujourd’hui. Juste pour commencer, quelques slides sur le marché aujourd’hui, l’impact de la technologie sur la gestion des droits en général – premier phénomène, les droits générés par une transaction musicale baissent énormément. Quelques exemples ici : 15 centimes d’Euros sur un CD, 8 centimes d’Euros sur un téléchargement et deux millièmes d’Euros sur une œuvre radiodiffusée sur Internet. Donc ça c’est les montants que l’on perçoit aujourd’hui, pour les sociétés d’auteurs, pour identifier et répartir les droits. Ça diminue graduellement. Deuxième phénomène, les nombres de transactions mensuelles, qui sont reçues par les sociétés d’auteurs sont en croissance assez phénoménales, en 2008 – 20 millions à peu près de transactions par mois, en 2010 on sera à 70 millions et en 2012 près de 100 millions. Donc ça c’est le volume d’informations que l’on évalue que l’on va devoir traiter, au niveau de chaque société, sur les systèmes informatiques. Troisième phénomène, le nombre d’oeuvres disponibles à la vente croit également, on n’a plus cette limite des magasins physiques, le disque dur n’est pas cher, on peut mettre toutes les œuvres et tous les enregistrements à disposition. Donc aujourd’hui je pense qu’on dépasse même ces chiffres, iTunes annonce je crois 7 ou 8 millions d’oeuvres, d’enregistrement disponibles aujourd’hui sur son magasin. On va plutôt monter vers les 12 millions à l’horizon 2012. Ce sont les paramètres aujourd’hui auxquels on doit faire face et qu’on doit anticiper.

Maintenant qu’est-ce qu’on fait pour ça? Je vais vous donner quelques exemples sur les identifiants et voir comment ils s’emboitent les uns dans les autres et comment on peut les utiliser. L’ISAN vous connaissez peut-être, c’est l’identifiant audiovisuel qui identifie un film, donc c’est en plein déploiement et chaque œuvre audiovisuelle a une bande sonore, dans la bande sonore vous avez des enregistrements musicaux, et donc ces enregistrements sont identifiés par un code ISRC. Idéalement, on doit avoir une translation directe entre un code ISAN et tous les codes ISRC de la bande sonore. Pour continuer notre progression, chaque enregistrement a une œuvre sous-jacente, cette œuvre est identifiée par un code ISWC et pareillement, on doit faire un lien un à un entre un ISRC et un ISWC. C’est un travail qu’on est en train d’effectuer en ce moment pour automatiser justement l’identification. Les sociétés reçoivent de rapports de ventes basés sur les enregistrements sonores, nous on va traduire ça en œuvres pour pouvoir payer les auteurs-compositeurs et les éditeurs. Donc ce travail doit être complètement automatisé, vous avez vu que les volumes d’informations explosent, si on n’automatise pas on s’écroule sous les frais de gestion collective.

Pour pousser une petit peu plus loin, vous pouvez avoir l’ISMN qui est l’International Standard for Music Notation, c’est un identifiant pour les partitions, et pour rejoindre le domaine du texte, chaque texte de paroles va avoir aussi son identifiant normalisé ISO pour les textes (ISTC). Tous ceux-là sont encore emboités, il y a encore un lien unique qui existe entre un ISRC et un ISTC lorsqu’il y a des paroles dans l’enregistrement. Le dernier né et je voudrais un petit peu développer sur celui-là, il s’appelle l’ISNI, le International Standard Name Identifier, c’est un identifiant ISO qui est en cours de développement, dont la CISAC préside le groupe de travail, et il a pour but en fait d’identifier tous les acteurs de la création culturelle, dans tous les domaines que ce soit – le domaine musical, audiovisuel, également littéraire, photo, etc. Donc c’est inter-industriel, c’est un identifiant transversal sur l’ensemble des industries. Pour vous montrer un petit peu comment il marche, que vous ne preniez pas peur, par exemple, que nous allions éliminer l’IPI dans le domaine CISAC, l’ISNI est en fait un identifiant qui va permettre de passer d’un domaine à l’autre. C’est un identifiant passerelle en fait si vous voulez pour aller du domaine musical vers le domaine audiovisuel, vers le domaine littéraire, artistique. Pour exemple, L’ISNI va référencer tous les IPI. L’IPI étant l’identifiant des auteurs-compositeur utilisé par la CISAC, c’est un identifiant propriétaire. L’IPN, c’est l’identifiant International Performer Number, qui est utilisé par les sociétés de gestion collective du droit voisin sur les artistes interprètes – et si on veut faire un échange d’informations un peu rationnel, un peu automatisé et précis entre les droits voisins sur les interprètes et le droit d’auteur sur les auteurs-compositeurs, y a pas de passerelle directe, il est très difficile d’en réaliser une entre l’IPN et l’IPI. Donc on s’est dit – faisons un outil commun, faisons un passerelle commune et allons tous nous greffer sur cette passerelle commune. Donc, l’IPI va à terme rejoindre le consortium ISNI, l’IPN aussi, idem pour l’audiovisuel, le Library of Congress qui est la bibliothèque de référence américaine pour les œuvres littéraires et comme ça tout le monde se rassemble au sein d’un identifiant universel.

Pour vous montrer un peu la forme qu’il prend, c’est un identifiant à 16 caractères, donc je crois qu’on a quelques milliers de milliards de combinaisons, donc on a de la marge pour le futur et les futures générations – les métadonnées qui sont produites sont le nom connu de l’artiste, là j’ai marqué Madonna, des données de disambiguation (discernement .ndlr), pour différencier deux homonymes donc on va dire, elle est née le 16 août 1958 dans le Michigan, et alors là la chose intéressante et que l’on va fournir des liens vers toutes bases qui ont de l’information supplémentaire. Donc on va vous dire au niveau de l’ISNI, là vous avez un lien vers l’IPI et vous y trouverez de l’information concernant Madonna en qualité d’auteur-compositeur, mais on vous donne pas l’information tout de suite, on vous dit là où elle est disponible. Pareil pour l’IDA, dans la base de données IDA il y a de l’information relative à Madonna en tant que actrice ou réalisatrice dans le domaine audiovisuel. Donc tout l’intérêt de cette base commune inter-industrie.

Pour en finir, l’ISNI va voir le jour sous la forme d’un consortium qui va opérer l’agence internationale. Donc, il va falloir monter cette base de données, il va falloir la gérer, la mettre à disposition par exemple des moteurs de recherche comme Google ou Exalead qui vont pouvoir utiliser ces outils pour faire de la vrai recherche très précise. Aujourd’hui on a fait un tour de table, un tout petit peu, de qui voudrait animer et jouer un rôle dans l’ISNI demain, alors nous avons déjà la CISAC qui s’est engagée, l’IFRRO, OCLC, nous avons deux organisations de droits voisins dans le domaine des artistes interprètes qui sont l’ADAMI en France et GRAMEX au Danemark. Pourquoi pas imaginer une organisation un peu parapluie pour pouvoir regrouper plus de sociétés de droits voisins, je suis tout à fait ouvert à discuter ça avec AEPO-ARTIS si ça rentre dans le cadre de leur mandat évidemment et nous avons également des bibliothèques nationales dont la British Library en Angleterre, Bibliothèque Nationale de France et Library of Congress. Vous voyez qu’on regroupe déjà plusieurs domaines, quelque chose de très intéressant, on pourra automatiser tous les flux d’information et si vous êtes intéressés soit en tant qu’organisation ou société à rejoindre ou faire partie, participer à ce consortium vous êtes les bienvenus et je vous invite à prendre contact avec moi.

François-Xavier Nutall WIPO 2008 Classic Keynote on ISRC, ISWC, IPI and ISNI music IDs from iconoclaste musique on Vimeo.